In common understanding, traveling is the fact of leaving one place to another. It is a change of residence, housing. A trip has, in itself, causes, goals and the different qualifiers from the other. Also, can we distinguish the tourist, study tour and escape. The last cited is a phenomenon that suffered the majority of the characters in the works of Ivorian novelists. Whether Johanne, Sarah, Alice, Nafiassou, Natou, Sonanfê, Valérie, Akissi, Amoin and Malimouna, all at a time where to another, leave their original places for one elsewhere more or less uncertai At the difference of the Europeans who explain their presence on African soil, by the needs and requirements of cooperation Africans consider Europe as the Eldorado. Their presence on this continent is best to be research-based and of material goods that they must at all costs to acquire and return improve their lives at home. Others are as political exiles. The finding that emerges here is that the different displacements have not the same causes or the same goals. Some travels have cause poverty or political persecution, other causes of aid, but all have lucrative purposes. The reasons are, often, financial, social or human.
## I. INtroduCtioN
'homme de tout temps a toujours été mû par le désir de découvrir d'autres contrées, d'autres hommes et de témoigner de ce qu'il a vu. Selon le dictionnaire, le voyage est défini comme « une action de se rendre dans un lieu relativement lointain ou étranger ». Une « exploration, découverte, description de quelque chose qu'on suit comme un parcours »1. Un voyage est donc un déplacement dans l'espace, volontaire ou contraint, effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel, touristique, professionnel ou forcé tel les exilés politique et/ou climatique, déplacements motivés par des activités sportives ou socio-culturelles ou de grands événements. Selon l'anthropologue Michel Franck le voyage revêt plusieurs motivations plus ou moins fondées[^2]2, A travers son œuvre, l'auteur fait référence au voyage en tant que concept évoquant le dépaysement, l'exotisme et la liberté. Pour lui donc, le voyage est un déplacement entrepris dans le but d'explorer, de connaitre ou de se rendre dans de nouveau lieux. Le voyage répondrait à un désir non exprimé d'aller se rendre compte « que l'on n'est pas si mal chez soi ${ \mathfrak { z } } ^ { 3 }$ L'autre argument serait « « le ras le bol d'ici $\mathfrak { P } ^ { 4 }$. Une autre cause abonderait dans le désir de sortir de la solitude et de pouvoir réaliser ses fantasmes. Ces différentes causes de voyages ne sont pas partagées par les romancières ivoiriennes. Les voyages, dans leurs œuvres ont pour fondement commun la fuite. Fuite de la de l'abus du pouvoir politique, fuite de la déchéance morale, fuite de la dégénérescence sociale humaines. Comment s'y prennent-elles pour faire du voyage un prétexte de dénonciation de la misère sociétale humaine? Pourquoi préconisent-elles la fuite comme solution à ces différentes tares politico sociales?
## II. LittÉrature Et Voyage
### Literatura Y Viajes
Bien avant que l'accolement des substantifs « écrivains » et « voyageur » tende à catégoriser des auteurs pratiquant une multiplicité de genres récits d'explorateurs, carnets de voyageurs, comptes rendus de scientifiques, reportages au long cours, romans de haute mer ou de désert, les écrivains ont entretenu avec le voyage une relation complexe. Ce qui fait que les récits de voyage et la littérature de voyage ont constitué un genre littéraire important qui interpelle. Les sédentaires et les « casaniers » ont besoin de rêver et sont curieux du mode de vie et de la culture des autres. Le voyage déplace l'esprit tout autant que le corps, et cette double mise en jeu permet à l'écrivain d'atteindre, au-delà de l'étrangeté qu'il traverse, une autre dimension de lui-même. Elle transforme le retour en expérience nouvelle et l'arrivée non pas aussi insensible, mais aussi profonde qu'on peut.
Un récit de voyage ou relation de voyage est un genre littéraire dans lequel lauteur rend compte d'un ou des voyages, des peuples rencontrés, des émotions ressenties, des choses vues et entendues. Contrairement au roman, le récit de voyage privilégie le réel à la fiction. Pour mériter le titre de récit littéraire, la narration doit être structurée et aller au-delà de la simple énumération des dates et des lieux comme dans un journal intime ou un livre de bord d'un navire. Cette littérature doit rendre compte d'impressions, d'aventures, de l'exploration ou de la conquête de pays lointains. Le récit de voyage peut être aussi cinématographique.
Pour l'historien, le récit de voyage est également une source historique qu'il convient de conceptualiser et d'analyser.[^6] Les récits de voyage apportent des éléments précieux pour éclairer l'histoire des relations internationales, I'histoire sociale et politique de régions traversées par le voyageur, voire l'histoire des cultures matérielles, de l'alimentation, des religions etc. Depuis les années 1980, les relations de voyage en Afrique produites par des Européens dès le XVo siècle ont fait l'objet d'essais d'analyse historique, et des publications scientifiques comprenant un appareil critique développé ont été produites. Soumis à une analyse historique rigoureuse, ces récits de voyage s'avèrent précieux pour reconstituer des fragments de l'histoire de l'Afrique durant les cinq cent dernières années
Certains auteurs, au travers des récits de voyage, critiquent et satirisent la société concourant ainsi à l'humanisation de la vie sociétale.
## III. VoyagE Et DÉcrÉpitudE Morale
### Viajes Y Decadencia Moral
Le voyage qu'effectue Johanne est comparable à une fuite. En effet, excédée par moult obstacles, et par le comportement machiavélique de son père, Eric FAVIER, qui lui rend la vie impossible5, elle choisit d'abandonner les siens pour un ailleurs qui lui est inconnu. C'est Le narrateur extradiégédique qui nous relate cette fuite: « Trois jours que tu as fui la Grenadière. Seule. Avec ta douleur pour tout bagage. Tu as pris la lune à témoin et tu t'en es allée, à pas feutrés, loin du théâtre de tes désillusions. Tu as choisi de t'abandonner à cette vie qui te haïssait tant déjà. Partir pour ne plus revenir. Et tu n'as même pas pleuré ». En réalité, Johanne est en perpétuelle fuite: fuite de la ville pour le village, fuite du village pour la ville et enfin fuite de la vie humaine pour la vie céleste. Cette opinion est confortée au regard de ce qui suit:
« Quand j'ai fui Kokoma cette nuit-là, je ne voulais plus être Ehita que dans mes souvenirs (.....) J'ai marché longtemps avant d'atteindre, folle de joie la grande route de Bassam. (.....) Que ferai-je dans une vie où ma propre famille m'a abandonné sans avoir cherché à comprendre? Laisser faire les choses, mon père; la peine de mort est sans doute ce qui peut m'arriver de mieux »7.
Dans la même veine que Johanne, Alice dans Appelez-moi Bijou fuit par dépit amoureux. Elle fuit pour exprimer sa désapprobation à son fiancé Aristide qui, au procès, veut assurer la défense de son amante Diane:
« Tu veux dire que tu iras au tribunal plaider la cause de cette! De cette femme?..... Toute la Côte d'Ivoire dira que tu la défends parce que vous êtes des amants. Je serai la risée de tout le pays protesta Alice, (....) Tu n'as ni besoin de moi, ni de mes conseils. Je refuse d'être un bibelot dans ta maison. Je partirai dès que possible ».
Ce voyage est le second qu'entreprend Alice. Après avoir découvert l'infidélité d'Aristide, elle choisit de partir: « Elle n'entrevoyait pas les conséquences de sa décision, mais une chose pour l'instant lui parut claire: il lui fallait partir ». Partir pour oublier, pour ne plus se rappeler. Partir pour se protéger, se réfugier loin du procès de l'infidèle. Partir pour sauver son mariage, sa vie de couple. Alice espère ainsi, que son départ servira de leçon à Aristide, laquelle lui permettra de prendre conscience de la notion de fidélité, elle voulait par la même occasion éviter: « d'être sa femme à n'importe quel prix »1o.
A la différence d'Alice qui entreprend son voyage au vu et au su de son entourage, Nafiassou se voit obliger de voyager nuitamment, voire dans la clandestinité. Elle n'informa personne, pas même celles en qui elle avait une entière confiance. Ce qui augure de l'immensité de son chagrin et de son amertume:
« Elle rassembla quelques effets vestimentaires, en faisant le moins de bruits possibles, prit ses petites économies réalisées grâce à la vente des légumes (...) sortit. Elle se demandait si elle reviendrait encore un jour dans ce petit village. Peut-être plus tard. Pour le moment, partir était la seule chose qui lui restait à faire. Elle emprunta le petit sentier qui menait à la grande route. Et Nafiassou marchait sans se retourner »11.
La quête de Nafiassou se situe à deux niveaux. Elle part pour échapper à l'humiliation, à la honte, et surtout pour garder secret l'acte incestueux qu'elle vient de subir. Même sa grand-mère, en qui elle voue une entière confiance, ne doit pas savoir ce qu'elle vient de subir. Ne pas lui dire la préservera, car celle-ci souffrira énormément si elle apprend que Nafiassou a été violée par son propre père. La seule alternative demeure donc la fuite. Car,
« Elle n'aurait pas supporté de voir quelqu'un d'autre souffrir à cause d'elle. Elle imaginait déjà les rires moqueurs des autres. Le dégoût qu'elle lirait sur le visage de sa mère Ahou, une fois que la complicité entre mère et fille aurait laissé la place à l'animosité. Elle prit la première décision qui vint en tête: la fuite c'était signe de lâcheté, mais elle préférait cela à autre chose »2.
En second lieu, le départ de Nafiassou est guidé par ses ascendances maternelles sa mère était une étrangère, une nomade. Ce sont les personnes qui sont en perpétuels déplacements. Elle avait achevé son périple vers l'inconnu dans le village de Kouao qui, contre l'avis de sa mère Amoin, l'épousa.
Nafiassou, de part sa mère, faisait partie de la tribu des gens sans attaches réelles. Ces nomades qui se laissent guidés par la physionomie du temps. Elles se lèvent en même temps que le vent et s'arrêtent quand il est paisible. Cette instabilité constitue une des raisons fondamentales de l'opposition de la mère de Kouao à leur union. Celle-ci, estimant que son sang est supérieur à celui de Nadia, la mère de Nafiassou, refuse le mélange.
Kouao est passé outre l'interdiction de sa mère en s'unissant à Nadia. Face donc à cette transgression, Amoin profère des malédictions. Elle fait le serment qu'il n'y aura aucune naissance de cette union si, d'aventure, le contraire se produisait, cet enfant sera maudit. L'inceste entre Nafiassou et son père Kouao pourrait être la résultante de ces imprécations. En définitive, nous retenons que l'inceste et l'infidélité ont été les fondements des départs de Nafiassou et d'Alice. Par contre, Malimouna a quitté les siens pour fuir l'excision et le mariage forcé. Elle quitte son village pour un ailleurs incertain et inconnu:
« Sur la pointe des pieds, elle se dirigea vers la porte d'entrée (....) elle ouvrit la porte et la referma aussitôt une fois dehors. (....) Elle courut aussi loin que ses jambes purent la porter. Il faisait nuit noire. Elle ne savait même pas dans quelle direction elle avançait, mais elle avançait. (....) Bientôt Malimouna atteignit la grande route. Si seulement une voiture passait, pensa-telle, elle pourrait l'arrêter et s'enfuir plus vite »133.
Le deuxième voyage de Malimouna a été possible grâce à Philippe. Il voulait, par ce voyage, permettre à Malimouna de revoir son pays qui lui manquait tant: Il voulait connaître le pays natal de Malimouna. Cette envie est due au fait que cette dernière ne faisait jamais cas de ses origines quoiqu'il sût que son pays lui manquait beaucoup. C'est pour palier à ces désirs enfouis qu'il décide de l'accompagner chez elle. Pour Philippe donc, permettre à Malimouna de
« retourner chez elle lui ferait certainement du bien et effacerait la tristesse qu'il lisait souvent dans son regard. Elle lui a expliqué que, suite à une grave dispute familiale, elle avait dû' quitter son village en y abandonnant sa mère. Il s'agissait d'un secret de famille qu'elle ne pouvait révéler. Philippe respectait son désir de se taire mais rien n'empêchait Malimouna de revoir son pays. Et puis le temps effaçant parfois les rancœurs, il ne fallait pas désespérer »14.
Si la quête de ce voyage qui est de permettre à Malimouna de retrouver les siens peut être classée comme une action bénéfique pour elle, celui que son mari Karim la fit entreprendre est par contre punitif, brusque et brutal. La raison est la suivante, Malimouna ayant refusé la polygamie que lui propose Karim, exprime le désir de dire à la face de tous qu'elle n'est pas excisée. En représailles, celui-ci la menace de la ramener de gré ou de force à Boritouni; « tu ne rentres pas chez moi, mais c'est à Boritouni que tu retourneras. Tu n'aurais d'ailleurs jamais dû en partir »15.
Malimouna maintint sa position et Karim mit sa menace à exécution. C'est ainsi qu'il la fit enlever pour la ramener de force dans son village natal. Il la ramener de force dans son village afin de la livrer à la vindicte des parents du vieux Sando, celui qu'elle a refusé d'épouser. Elle a préféré fuir son village plutôt que d'être la conjointe de Sando. Malgré le temps passé, la famille de Sando a toujours gardé la rancœur c'est la raison pour laquelle elle a accepté de venir enlever Malimouna. Cette dernière, sachant l'état d'esprit de ses ravisseurs
« N'essaya même pas de résister. Ses oreilles bourdonnaient, son cœur battait à se rompre. (.....) Le véhicule s'ébranla et Malimouna aperçu la voiture de Karim sous un arbre. Lorsqu'ils arrivèrent à son niveau, le regard de Karim croisa celui de Malimouna. Elle ferma les yeux en se tenant le ventre. Elle sentait le bébé bouger sans doute percevait-il son anxiété »16.
Une des causes d'un départ, et non des moindres, est la fuite de la misère. Nombre de causes de l'exode rural, de l'immigration, trouvent leurs fondements dans la quête obstinée d'un mieux être. Natou, dans Le silence des déshérités n'est pas en reste. Ainsi, pour échapper à la sordide misère des Basfonds et accéder à la Cité des Elites, Natou n'hésite devant aucun obstacle. De l'infidélité à la prostitution en passant par le harcèlement sexuel, l'avortement, elle s'y adonne. Tant « la tentative de sortir des Bas-fonds et de ses ténèbres, pour se dorer à la lumière de la colline qui abritait la Cité-des-Elites $\gg ^ { 17 }$ était forte et pressante.
Les raisons qui sous-tendent la fuite de Natou sont similaires à celles d'Amoin dans La grande dévoreuse18. En effet, cette dernière part de son village pour se soustraire à la vie difficile, mais surtout aux pénibles travaux champêtres. Amoin a, pendant de longues années, travaillé la terre avec l'espoir qu'elle pourrait en tirer profit pour un bien-être, mais en vain. Le sol semblait être sourd à ses efforts. Elle a pris soin de sa famille, en aidant sa mère dans les travaux ménagers, en s'occupant de ses frères et sœurs, en se privant pour eux, en respectant son père malgré ses violentes colères quand il a un peu trop bu. Toutes ces tâches ne la rendaient pas heureuse. Il lui faut donc trouver une autre occupation qui pourrait lui permettre d'accéder au bonheur auquel elle aspire. Les nouvelles qu'elle obtenait des citadins l'on amené à opter pour la ville. Un univers dont elle entendait tant dire de biens par ceux qui en venaient:
«Parfois, arrivaient, au village, des gens qui venaient de là-bas... La ville, disaient-ils. Elle écoutait leurs récits, émerveillée. Le lendemain il lui fallait retourner au champ. Alors, un jour, bien avant l'aube, profitant de ce que le ciel fût sans étoiles ni lune, elle avait serré dans un pagne ses maigres effets, le peu de monnaie qu'elle avait réussi à mettre de côté, et elle s'était enfuie vers ce lieu où l'on disait tout possible »1o.
Il est donc évident, dans l'entendement d'Amoin, que la ville est un lieu de réussite et selon cette conception elle doit se rendre en milieu citadin pour annihiler la misère qui semble être la sienne.
Le cas de Sonanfê est similaire à celui d'Amoin à cette différence près que Sonanfê ne fuyait pas la misère mais plutôt la méchanceté, la haine et l'indifférence de ses concitoyens: « Tu voulais donc mourir? En tout cas, si tu tiens à la vie, dès ce soir même, il faut quitter définitivement ce village et ne plus y revenir $\gg ^ { 20 }$. C'est le conseil que Sonanfê reçoit. Mal lui en prit de ne pas le prendre en considération. Car, le lendemain, Anoh Bolié vient le réveiller avec le fusil et exige qu'il s'en aille, nu, du village en l'avertissant que: « Cela ne vaut pas la peine de se souiller du sang impur, trancha Anoh Bolié. Je veux seulement qu'il s'en aille d'ici, ainsi le village sera plus aéré $\gg ^ { 21 }$.
Toute cette haine vient du fait que Sonanfê, orphelin, maudit, ait osé enceinter Alika, la fille unique d'Anoh Bolié. Cet acte, courant au village, n'est pas un crime ni une réelle entorse à la tradition, c'est un comportement que la coutume tolère. Mais, que Sonanfê en soit l'auteur dépasse l'entendement de certains habitants de Bédinan. Il y fut donc banni et « prit le chemin qui menait droit devant lui, suivi des regards, d'aucun haineux, d'autres pitoyables. Il comprit le bien fondé des conseils de la vieille femme et se dépêcha de se lancer dans l'aventure dans les minutes qui suivirent. Pour toujours, il quittait son village natal $\gg ^ { 22 }$.
Pour préserver sa vie, Sonanfê est contraint de poser l'acte, le plus douloureux qu'un homme puisse connaître: quitter la vie paisible de son village natal pour aller dans l'inconnu. Un ailleurs qui lui sera davantage défavorable. Sonanfê se trouve dans l'obligation de fuir à nouveau. Ce second départ a pour corollaires l'abandon de son refuge, de son lieu d'exil pour l'aventure:
« Le poids de l'avanie pesait trop lourd sur ses épaules. Sa vie dans sa nouvelle famille n'était plus la même. Un matin, (....) Sonanfê sortit de la même manière mais ne prit pas la même direction. Sous d'autres cieux, il était parti traîner son bloc de malheurs (.....) En prenant la grave décision de quitter la famille qui l'avait adopté, Sonanfê prenait-là un risque énorme. N'est-ce pas le bonheur quil fuyait pour l'éternité »23.
Kacou Oklomin, abondant dans le même registre, révèle le cas de Valérie Boa: une femme mariée qui, depuis des années, cherche obstinément à enfanter. Après maintes analyses, elle prit une grossesse. Tout à son bonheur, la jeune femme a oublié de suivre certaines précautions inhérentes à son état. Comme celle de ne pas se hisser sur une chaise haute au risque de tomber et se faire mal. Suite à une chute, elle perd l'enfant. Sa détresse fut telle qu'il lui: « fallut six mois de courage, de lutte incessante pour combattre la vaque de torpeur qui (la) dévorait $\gg ^ { 24 }$. C'est seulement dans le voyage qu'elle trouve un semblant de réconfort:
« J'avais dû partir, quitter ma maison, mon mari, mes parents, mes amis, pour rompre la digue monstrueuse qui s'était dressée la vie et moi. L'annonce de ce voyage avait déchaîné une vague de controverses énormes, quant au lieu où devait s'opérer le miracle de mon rétablissement (....) Au fond de moi, je souhaitais formellement m'en aller, m'éloigner un peu »25.
Ce souhait est aussi celui d'Akissi qui envisage de quitter le royaume de son père, sa majesté Ato VI, roi du royaume des aveugles26. Elle veut fuir son pays pour échapper à la dérive de ce royaume, pour s'échapper du chaos dans lequel son père mène le pays. Celui-ci régnait dans la corruption, l'avidité, le gaspillage et la répression violente et aveugle de toute désapprobation. Rester au palais serait néfaste pour Akissi. Convaincue de ce fait, elle se confie en son ami Karim qui se propose de l'aider à s'en fuir:
« Elle lui avoua ses peurs et ses désirs de changements. Elle lui raconta son envie de partir (.....) Or "Ce n'est pas en fuyant ton pays que tu comprendras mieux les choses. C'est ici que tu trouveras les réponses aux questions que tu te poses. Va dans le grand Nord. Je sais où tu pourras te cacher". En entendant ces paroles, le sourire d'Akissi réapparut et tout en elle redevint calme et serein »227.
## IV. Voyage Et Exil Politique
### Viajes Y Exilio Político
A l'instar de Véronique Tadjo, Kouamé Adjoua Flore, dans La Valse des tourments, aborde le thème de la fuite. Son apport se situe au niveau de la fuite des cerveaux occasionnée par une politique répressive. La note variante est introduite à travers la fuite occasionnée par la déception amoureuse. Ces différents départs ont pour acteurs Sarah et sa famille. Celle-ci (la famille) a été obligée de fuir son pays natal afin d'échapper à la dictature qui y sévissait. Elle cherche donc un abri pour y vivre en toute sécurité:
« Sarah vit arriver Djouka; accompagné de deux hommes, leurs guides. Ils s'embarquèrent aussitôt, et moins d'une heure plus tard, Monsieur Kouloussa Bourima, son fils Séky, sa fille Sarah, et Djouka, le garçon de maison de son frère, traversaient la frontière, laissant derrière eux leur pays bien-aimé, dépravé à cause de l'aveuglement dément d'une race de dirigeants qui malheureusement, ne s'éteindrait pas de sitôt »28.
Si l'exil de Sarah est un cas livresque, donc susceptible d'échapper à la réalité, celui de Myriam Makeba, artiste Sud-africaine est le témoignage d'un fait vécu. Ainsi, si Sarah part en exil de façon, dirons-nous, volontaire, Myriam Makeba est quant à elle mise en exil forcé par le régime de l'apartheid. C'est lors du renouvellement de son passeport que le consulat sud africain l'informe de ce qu'elle ne peut plus rentrer dans son pays:
« Je suis nerveuse quand je rentre au consulat sud-africain. Là, je ne suis rien d'autre qu'une simple indigène qui n'a aucun droit (.....). L'employé du comptoir prend mon passeport. (.....) Il prend un tampon et l'écrase sur mon passeport. Je ramasse mon passeport. Il est marqué "PLUS VALABLE" quand je réalise ce qui s'est passé, je ne peux plus respirer pendant un instant. Ils m'ont exilée »2,
Comme seule alternative, elle doit choisir entre l'exil ou la prison. Le droit de circuler librement lui est désormais dénié. La faute commise est, selon elle, celle d'avoir dénoncer la mauvaise condition de vie des Noirs en Afrique du Sud. C'est la raison pour laquelle Myriam Makeba doit vivre hors de son pays. Elle n'a pas obtenu la permission pour rentrer chez elle. Elle ne pourra peutêtre jamais revoir sa famille, son foyer. Car, l'exil peut durer toute une vie. L'exilé peut mourir et être enseveli dans sa terre d'accueil. Le réfugié se sent ainsi perdu, il n'a plus de liens:
« Tout ce qui à contribuer à me faire, a disparu. Je fuis l'immeuble. Je n'ose pas poser de questions parce que je connais la réponse. Si je rentre maintenant, c'est la prison qui m'attend. C'est la même chose pour quiconque est jugé indésirable par les autorités. Je leur aie déplu. Je suis allée trop loin. J'ai pris trop d'importance (.....) et maintenant, d'un coup de tampon, on m'a exilée. Moi et ma fille seules dans un monde occidental (.....) qui nous est étranger »3°0.
L'allusion faite à l'expulsion de Myriam Makeba est une parenthèse pour mettre en exergue la réalité des thèmes abordés par les romancières ivoiriennes. Pour revenir à Sarah, nous retenons que le tourment amoureux que Tanko lui a imposé l'a conduit à l'incarcération. Au sortir du monde carcéral, elle perd son emploi et même ses amis: « Bien entendu, ses employeurs l'avaient rayée de leurs effectifs. Ils lui précisèrent même qu'elle devrait s'estimer heureuse de ne pas être poursuivie pour le préjudice moral causé à la compagnie. Ses collègues lui tournèrent le dos et tous ceux qu'elle considérait comme ses amis l'évitaient »31.
L'adage populaire dit que c'est "dans les moments les plus difficiles de sa vie que l'on reconnaît ses vrais amis". Cette découverte peut être fatale. Car, s'apercevoir que ceux sur qui on a bâti sa confiance nous rejette dans de tels moments est difficilement supportable voire impossible pour certains. D'où le désespoir profond qui conduit soit à la folie ou au suicide des personnes qui en sont victimes.
Sarah a vécu la même situation. Ses amis et collègues l'on rejeté. Au sortir de prison, elle a perdu son emploi. Toutes ces épreuves l'ont conduite dans une grande détresse. La solution pour elle est de se suicider. Se donner la mort est donc le seul remède à son mal.
« Avec la réalité qui venait de s'imposer à elle et qui la tourmentait davantage. Elle ruminait sans cesse son désespoir et sombrait progressivement dans la dépression. En fait, elle avait perdu goût de vivre et envisageait souvent de se suicider. C'est alors qu'elle avait entendu parler du monastère et qu'elle s'y était rendue. Comme poussée par une force irrésistible, une nuit où le désespoir était à son paroxysme $\gg ^ { 32 }$.
Sarah se réfugie alors dans un univers monacal où elle bénéficie de réconfort, de paix et de soutient. Elle passe du désespoir à l'espoir, de l'envie de suicide à celle de vivre et d'aimer, car elle sait dorénavant que Dieu l'aime et qu'il ne l'abandonnerait jamais. Le monastère est un établissement où vivent des religieuses. Nous appuyant sur la dédicace de l'œuvre, nous pouvons dire qu'il s'agit ici du monastère Sainte Claire d'Abidjan-Abobo. La vie dans un monastère est faite de prière, de jeûne, de méditation de la parole de Dieu, et de contemplations. Ces occupations d'ordre spirituel ne sont pas les seules activités des religieuses. Elles s'adonnent à de nombreuses autres tâches telles la culture maraîchère, la production de produits laitiers, de vin cuit et des activités artistiques, culturelles et éducatives. Sarah trouve, dans ce lieu, le repos et la quiétude. Cette reconnaissance qu'elle adresse à Mère Odile l'atteste: « Vous m'avez redonnez goût à la vie qui m'avez soutenue par votre tendresse et vos conseils. Vous qui en quelques mois, avez réussi à me consoler de mes parents trop tôt arrachés à mon affection »33.
## V. CONClUsiON
La démarche des personnages principaux des œuvres des romancières ivoiriennes participe à la quête du bonheur. De ce fait, le voyage de ces personnages assimilable à une fuite ne doit pas être associé à un abandon, à une défaite mais plutôt à une victoire. Aller voir ailleurs pour acquérir les moyens requis et venir mettre fin à tous ces méfaits, ces abus et méchancetés sont une démarche de bravoure et non d'abandon, ni de peur. Pour un changement potable et profitable il faut agir dans le temps et l'espace. Cette option s'accorde à celle de Frantz Fanon, pour qui: « Tout problème humain demande à être considéré à partir du temps ${ \gg } ^ { 34 }$. Un temps qui ne fait pas obstruction à l'espace. En effet, L'investigation sur l'espace dans le corpus révèle son importance. Les modes de représentation adoptés par les romancières ivoiriennes permettent de déduire qu'avec des mots, des phrases, le récit conduit son espace en utilisant les lieux parfois réels, mais en leur donnant des significations internes. Kwabena Britwum dans son sous-titre, montre bien cet état de fait: « A tout récit correspond un espace où l'action du récit est censée se dérouler. Pour assurer sa crédibilité ou vraisemblance, le texte crée, au cours de son récit, son espace social $\gg ^ { 35 }$. Se référant à cette citation, l'étude déduit que le voyage dans l'espace du corpus ne reflète pas des perceptions brutes, il est un langage. Son utilisation dépasse la simple indication d'un cadre spatial. Elle participe de l'économie du récit. Il peut s'établir une correspondance entre le paysage, le lieu de destination et l'état d'âme des personnages. C'est le cas de Johanne qui, malheureuse en ville se métamorphose en une fille pleinement heureuse au viilage.
[^2]: Michel Franck, Désir d'ailleurs, essai d'anthropologie du voyage, Québec, Les presses de l’Université de Laval, 2004 _(p.1)_
[^3]: Michel Franck, Désir d'ailleurs, essai d'anthropologie du voyage, op. cit, p.45 _(p.2)_
[^4]: Ibidem, p.339 _(p.2)_
[^6]: Ibidem, p. 102 _(p.2)_
[^8]: Ibidem, pp. 184-185 _(p.3)_
[^9]: Ibidem, p. 144 ssamala Amoi, Appelez-moi Bijou,.it 7 n Y sso, idjnE. 80-92 _(p.3)_
[^12]: Ibidem, pp. 79-80 _(p.3)_
[^14]: Ibidem, p. 129 _(p.4)_
[^15]: Fatou Keïta, Rebelle, op. cit, pp.215 _(p.4)_
[^16]: Ibidem, p. 224 _(p.4)_
[^18]: Iabelle Boni Claver gande dévoreus, Abidan, EI 1999 abele on Caveri rande dévoru. _(p.4)_
[^19]: n-Marie Adif, ige rise, Abidjan, E9. 99 _(p.4)_
[^21]: Ibidem, p. 104 _(p.4)_
[^22]: Ibidem, p. 104 _(p.4)_
[^30]: Myriam Makeba et James Hall, Myriam Makeba, une voie pour l’Afrique, op. cit, p. 129 amaoens. 149 _(p.6)_
[^150]: 32 l bedem, p. 50 _(p.6)_
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How to Cite This Article
Docteur Agnes Kouassi. 2026. \u201cLe Voyage Des Personnages Principaux Comme Symbole D’une Quête El Viaje De Los Personajes Principales Como Símbolo De Una Búsqueda\u201d. Global Journal of Management and Business Research - F: Real estate, Event, Tourism Management & Transporting GJMBR-F Volume 22 (GJMBR Volume 22 Issue F3).
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