Public Space in the Age of Social Media: Towards the Emergence and Conquest of Debate by the Working Class in Burkina Faso
Les espaces publics africains connaissent de profondes mutations. Marqués par une grande ouverture, voire sa transformation ils soulèvent de nouveaux enjeux. Il a autorisé la prise de parole de nouveaux acteurs à travers les médias numériques, notamment les médias sociaux qui incarnent la brèche permettant la modification et l’installant d’une nouvelle ère. Au Burkina Faso, la révolution numérique, à travers les portails numériques individuels (page Facebook, compte Instagram, WhatsApp, twitter, Tik-Tok…), en plein essor, a favorisé une poussée de la classe populaire dans l’espace public longtemps contrôlé par l’élite. L’arrivée de ces nouveaux acteurs n’a pas fait que perturbé profondément les équilibres d’antan, elle est parvenue à inverser la configuration au sein des espaces publics. Passablement en phase avec les procédés de construction des identités numériques, les intellectuels ont de la peine de se créer une existence sur les réseaux sociaux, moyen de contrôle de l’espace public contemporain. Par conséquent, « l’homme de la rue » va asseoir son autorité dans le nouvel espace public. Si l’on peut saluer, dans l’esprit, cautionner cet effet de la révolution numérique qui, en favorisant l’émergence de la classe populaire instaure l’équité dans la prise de parole dans un état, les inquiétudes sont légitimes quand on observe la tendance à l’enraiement voire l’extinction de la voix de l’élite. Le nouvel espace public burkinabè où prospèrent l’horizontalité, l’absence de hiérarchies où chaque utilisateur est maître de la méthodologie de son succès et où tous les chemins, y compris les plus méprisables, mènent à la notoriété pose le débat de la qualité. La révolution numérique irréversible, si elle ne parvient pas à apporter une plus-value au débat dans l’espace public burkinabè, elle ne doit pas le tirer vers le bas. L’intellectuel burkinabè doit en être le garant et doit parvenir à opposer à cette forme de diktat du numérique et à ses usages, une tropicalisation sur mesure qui va intégrer à la révolution toute son utilité publique. Comment l’élite burkinabè peut-elle se réapproprier l’espace public face à l’intrusion tonitruante de la classe populaire (souvent analphabète ou peu instruite) grâce aux réseaux sociaux ? La théorie structuro-fonctionnaliste développée par Merton (1976) pour analyser les effets d’instabilité, de sensibilité aux problèmes sociaux et leur lot de déviance, d’anomie et de désorganisation des médias numériques sur la société burkinabè. La méthode quantitative a permis de mesurer efficacement l’analyse des données chiffrés issus de l’enquête de terrain pour ainsi infirmer ou confirmer l’hypothèse.