This study focuses on the effects of government expenditure on human capital training in the Cameroon education system. The work is based on the experience of secondary education system and accesses the efficacy based on the school dropout rate. The descriptive and econometric statistics used on this topic come from the Public Expenditure Tracking Survey carried out in 2019 by the INS. The results of the findings enabled us to conclude that government expenditure, as far as education is concerned, is very helpful in human capital training because it reduces the rate of school dropout in Cameroon. In other words, government spending helps to reduce school disparities in rural and urban areas, improves the quality of educational infrastructure and the living standards of teachers.
Résumé- Cet article met en exergue la contribution des dépenses publiques à l'efficacité dans la formation du capital humain au Cameroun, à la lumière de son système éducatif. Pour ce faire, il se fonde sur l'expérience de l'enseignement secondaire et apprécie l'efficacité à partir du taux de déperdition scolaire. Les statistiques descriptives et les estimations économétriques utilisées à ce sujet, relèvent de l'enquête sur le suivi de la traçabilité des dépenses publiques réalisée par l'INS en 2019. Ces éléments de mesure aboutissent aux résultats selon lesquels, les dotations publiques éducatives soutiennent efficacement la formation du capital humain par la réduction des taux de déperdition scolaire. En ce sens, elles permettent, entre autres, d'éliminer les disparités en milieu urbain et rural, d'améliorer l'offre infrastructurelle d'éducation ainsi que les conditions de travail des enseignants.
Sur ce plan, de nombreuses études établissent que, lorsque les gouvernements consacrent les bénéfices de la croissance économique au financement de l'éducation pour tous, il en résulte l'amélioration de la productivité du travail et l'augmentation de l'offre de main d'œuvre (Leiderer et Wolff, 2017). Toutefois, ces résultats empiriques sont nuancés par une classe d'auteurs qui jugent ces apports insuffisants (Edeme et al, 2017). Tirant une leçon de cette réserve, le courant équilibriste conclut que l'efficacité des dépenses publiques dépend des conditions éthiques qui entourent leur mise en œuvre (FMI, 2018; Banque Mondiale, 2017; Kaboré Konkobo, 2008).
Dès lors, mesurer en profondeur les effets des dépenses publiques sur l'efficacité dans la formation du capital humain s'avère indispensable. Cette préoccupation est fondamentale car, en Afrique et au Cameroun, les politiques publiques n'obéissent pas toujours aux agendas nationaux (Noumba, 2008). Ainsi, pour juger de l'importance des dépenses publiques d'éducation, il y a lieu de revenir à la question centrale de l'étude: quels sont les effets des dépenses publiques d'éducation sur l'efficacité dans la formation du capital humain au Cameroun? Cette interrogation induit I'hypothèse selon laquelle, les dépenses publiques d'éducation améliorent l'efficacité dans la formation du capital humain à travers la réduction du taux de déperdition scolaire. Pour rapprocher cette conjecture de la question qui l'inspire, le travail s'articule autour de la revue de littérature, de la méthodologie et de la présentation des résultats.
## II. REvue De LittÉrature
L'extraction de la littérature va s'opérer en deux étapes: la présentation du cadre théorique relatif au financement public de l'éducation et l'analyse du cadre empirique y afférent.
### a) Cadre Théorique du Financement Public De L'éducation
Dans la littérature économique dominante, l'éducation est présentée comme l'un des facteurs pionniers d'accroissement de la productivité et donc, du progrès économique et social. Cette dimension est largement acceptée de nos jours, au point de faire du niveau d'éducation, un instrument de mesure du stade de développement d'un pays (Siakeu, 2000). C'est ainsi que la fréquentation scolaire et l'échelon académique sont corrélés avec les niveaux de revenu.
La littérature indique également l'effet produit par l'éducation tertiaire à connotation universitaire sur le développement économique et humain au plan national ou régional. Sous ce prisme, Lendel (2010), Valero et Van Reenen (2019) relèvent que les universités de recherche aux États-Unis ont, par leur seule présence, un impact positif sur l'emploi et la croissance de la zone métropolitaine correspondante. En effet, une augmentation du nombre d'universités dans la région y propulse le bien-être, en raison des externalités de la connaissance1 (Agasisti et Bertoletti, 2020; Faggian et al, 2019).
Compte tenu de ce qui précède, il devient impératif pour tout Etat de soutenir les principes d'équité et d'égalité au sein de la population (Agboola et Adeyemi, 2012). Une telle implication renforce les arguments en faveur des dépenses publiques d'éducation. Cependant, l'efficacité et l'efficience de l'allocation des ressources publiques suscitent un débat considérable, tant du point de vue idéologique que technique.
Sur le plan idéologique, l'efficacité de l'éducation est confrontée aux indicateurs de mesure dont la plupart sont épurés dans des contextes occidentaux avant d'être transposés dans les pays en développement. Cette transférabilité non contextualisée,

au demeurant, induit des résultats en-deçà des attentes des populations (Kaboré Konkobo, 2008).
Du point de vue technique, il se pose un problème de niveau d'infrastructures, de moyens mobilisés pour favoriser un aspect ou un autre. Il s'agit d'une question qui fait intervenir les capacités de gestion des ressources dans le sens de l'égalité et de l'équité. A l'évidence, les notions d'égalité et d'équité renvoient à différentes conceptions de nature libérale ou rawlsienne2 (FMI, 2018). Toutefois, le courant égalitariste de l'équité est privilégié car, il appréhende l'éducation comme un droit fondamental. En ce sens, le niveau et l'efficacité de l'éducation financée par l'Etat peuvent atteindre, s'ils sont soutenus, des standards appréciables. La présentation du cadre empirique du financement public de l'éducation au Cameroun semble ainsi indispensable.
### b) Cadre Empirique du Financement Public de L'éducation Secondaire au Cameroun
L'étude sur l'efficacité de la formation du capital humain établit une intrication positive entre la part des ressources consacrée au fonctionnement du système éducatif et les résultats obtenus par tout Etat en la matière (Noumba, 2008). C'est dans ce contexte qu'il a été relevé une constante évolution des budgets alloués aux départements ministériels en charge des questions éducatives au Cameroun (SND, 2020).
En ce qui concerne principalement le Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC), l'enveloppe budgétaire qui lui est allouée n'a cessé de croitre entre 2013 et 2017. La consultation des lois de Finances sur cette période de référence révèle que la part du budget consacrée à ce département ministériel est passée de 220 163 milliards de FCFA en 2013 à 318 997 milliards de FCFA en 2017, soit une hausse de $44\%$ en cinq ans. Des mouvements similaires apparaissent de 2019 à 2022. Cette progression est supérieure à celle du budget global de l'Etat qui se situe à $34\%$ sur la période d'observation. Les principales lignes de dépense retenues sont l'achat des fournitures et le petit entretien de bureau, l'achat de fournitures techniques spécifiques à la fonction et les frais exigibles. Quant aux investissements, ils se résument à la réhabilitation et à la construction des infrastructures éducatives ainsi que des commodités connexes (infirmeries, champs scolaires, coopératives scolaires, salles multimédia, aires de jeux, latrines,..).
Enfin, comme dans la plupart des pays à faible revenu, le financement du secteur éducatif au Cameroun repose, en partie, sur les fonds d'aide publique au développement. A titre d'illustration, ces derniers ont représenté un flux net de 663,6 millions de dollars en 2015, contre 856,2 millions de dollars un an plus tôt. En valeur relative, ils correspondent respectivement à $2,3 \ \%$ et $2,7\%$ du produit intérieur brut (PIB) du pays. C'est une réalité trivialement compréhensible dans la mesure où, $14\%$ de l'enveloppe globale d'aide publique au développement est orientée vers l'éducation3.
Ces importantes enveloppes budgétaires visent, entre autres, à conjurer les risques de déperdition et de décrochage scolaires qui plombent l'efficacité interne du système éducatif ainsi que les initiatives randomisées4 de développement. Comme le souligne Siakeu (2ooo), toute politique en faveur de la réduction des taux de déperdition est une perspective de consolidation du capital humain et de projection des équilibres sur le marché du travail.
Toutefois, s'il existe une abondante littérature traitant du financement public du capital humain, la plupart des écrits s'intéressent à la réduction de la pauvreté. En effet, la documentation explorée n'indique pas comment les dépenses publiques peuvent agir avec efficacité, sur les indicateurs de formation du capital humain, à l'instar du taux de déperdition scolaire. Cela étant, la brève littérature proposée montre que l'éducation, partie intrinsèque du capital humain, est un investissement aux externalités positives attendues. A ce titre, l'effet des dépenses publiques sur l'efficacité de la formation du capital humain éducatif s'analyse au niveau de la fréquentation quotidienne des élèves et au niveau de l'augmentation de la scolarisation. Les deux niveaux révèlent que l'impact des politiques d'éducation dépend de la manière avec laquelle celles-ci augmentent les possibilités de durabilité d'un enfant dans un cycle scolaire. Il en résulte un cadre théorique standard spécifié par la relation fonctionnelle suivante:
$$
A = f (S, Q, C, H, I) \tag {1}
$$
A représente les compétences acquises ou tout autre proxy de l'éducation, S le nombre d'années de scolarité et Q le vecteur des caractéristiques de l'école et de l'enseignant (qualité et efficacité). C s'affiche comme vecteur des caractéristiques de l'enfant (y

compris les aptitudes innées). H est un vecteur des caractéristiques d'un agent économique (ici le ménage ou l'Etat) et I un vecteur des intrants scolaires sous le contrôle des ménages (présence quotidienne des enfants, effort à l'école, achats de fournitures scolaires). Dans ce contexte, les indicateurs de l'efficacité, variable essentielle de l'étude, se présentent comme suit:
- le programme scolaire (plaquettes de formation, cursus);
- le matériel d'apprentissage (documents, matériel didactique, infrastructures);
- le temps d'instruction (horaire, délai, planification);
- l'enseignement en classe (pédagogie, enseignants, apprenants);
- la capacité d'apprentissage des élèves (admission, redoublement, déperdition).
Tous ces indicateurs ne sont pas évoqués dans l'étude au même niveau, car la référence analytique porte prioritairement sur les déperditions. La méthodologie qui résulte de ce recueil théorique tient compte de l'espace national comme zone d'expression d'investigation
## III. MÉTHODOLOGIE
La démarche méthodologique procède de l'exploitation des données secondaires et de la présentation du modèle d'analyse utilisé pour atteindre certains résultats.
### a) Les données
Les données proviennent du volet éducation de l'enquête sur la Traçabilité des Dépenses Publiques dans les secteurs de la Santé, de la Nutrition, de l'Eau-Hygiène-Assainissement et de l'Education (PETS, 2019). L'enquête a été réalisée par l'Institut National de la
Statistique (INS) en 2019 en collaboration avec l'UNICEF. Pour ce qui se ramène à la présente étude, cette enquête permet d'apprécier les incidences de la dépense publique consacrée au volet éducation sur l'efficacité du capital humain.
Dans cette perspective, des données détaillées sur les différentes dotations budgétaires et sur leurs contours d'utilisation ont donc été recueillies auprès des responsables des établissements retenus. Les informations sollicitées ont porté sur les effectifs, les enseignants, les taux de réussite, les taux de déperdition scolaire et les caractéristiques des bâtiments. Ces renseignements ont été utilisés pour identifier et suivre les indicateurs de performance interne. Plus de $90\%$ des écoles ciblées ont collaboré à l'enquête. Afin de garantir la représentativité des établissements et la fiabilité des données, l'enquête effectuée à partir du Journal des projets de l'exercice 2017 a privilégié, comme base de sondage, l'ensemble des projets inscrits dans le Budget d'lnvestissement Public (BIP) de l'année de référence. Toutefois, dans le cadre de la présente étude, seules les données relevant de l'enseignement secondaire sont exploitées.
### b) Modèle Empirique D'estimation du Taux de Déperdition Scolaire
En rapport avec les formes fonctionnelles utilisées dans la littérature sur les dépenses en éducation, nous élaborons un modèle économétrique de régression inspiré de Gupta et al. (2002) pour mesurer les effets des dépenses publiques sur le taux de déperdition scolaire au secondaire. Ce modèle a été réadapté, afin de tenir compte de toutes les composantes du corps enseignant qu'on retrouve au Cameroun. Sa formulation est la suivante:
$$
Deperdit_{-i} = \beta_{1} P L E G _ { - i } e t _ { - i } a u t r e s _ { i } + \beta_{2} P C E G _ { e t } a u t r e s _ { i } + \beta_{3} I E T _ { - i } e t _ { - ext{ } } a u t r e s _ { i } + \beta_{ 4 } C o n t r a c t u e l _ { i } + \beta_{5} D o t a t i o n _ { - i } l o i _ { - i } f i n _ { i } \\+ \beta_{6} D o t a t i o n _ { - i } A D _ { i } + \beta_{7} c o n s t r u c t i o n / e q u i p / i n f r a _ { i } + \beta_{8} v a r i a b l e s d e c o n t r o l _ { i } + \varepsilon_{i}
$$
Ici, Deperdit_i mesure l'efficacité du système éducatif. L'indice i représente l'établissement et renvoie au taux de déperdition, de redoublement ou d'abandon. PLEG_et_autres; représente le nombre de professeurs des lycées d'enseignement secondaire du second cycle et $P C E G _ { \_ }$ \_autres; celui du premier cycle. Les deux cycles sont concernés par l'enquête. Mais les particularités internes à chaque cycle sont considérées au cas par cas. De cette façon les facteurs propres à chaque niveau sont intégrés en permanence. Les variables sont alors contextualisées et analysées en fonction des biais qu'elles peuvent générées.
Contractuel; désigne le nombre d'enseignants contractuels dans un établissement. Dotation_loi_fini est le montant de la dotation budgétaire inscrite dans la loi de Finances et Dotation_AD, le montant de la dotation budgétaire inscrite dans l'autorisation de dépense. Construction/equip/infra est l'ensemble de variables qui captent l'investissement public en termes de création de nouveaux établissements, de construction de salles de classe et latrines ou d'entretien infrastructurel. Enfin, $\varepsilon _ { i }$ est le terme d'erreur et $\beta _ { i }$ l'ensemble des paramètres à estimer. En plus des variables décrites dans le modèle, nous introduisons également des variables de contrôle pour prendre en compte les questions de gouvernance et de bonne gestion des ressources alloués au fonctionnement des établissements. La définition de ces paramètres du modèle est une caution de fiabilité pour la production des résultats de qualité.
## IV. RÉsultats Empiriques
La mise en œuvre de la démarche méthodologique ci-dessus permet de générer des résultats mesurables comme le les statistiques produites. Ces résultats ouvrent la voie à une discussion sur le financement public de l'éducation et ses effets
sur l'efficacité dans la formation du capital humain au Cameroun.
### a)Statistiques Descriptives
#### . Le Financement Public de L'éducation
Pour cette section, les aspects sous revue s'examinent à l'aune de l'évolution du budget du MiNEsEC et de la part de l'éducation dans le budget global.
Tableau 1: Evolution du budget du MINESEC de 2013 à 2017 (en milliards de FCFA)
<table><tr><td rowspan="2">Budget</td><td colspan="5">Année</td></tr><tr><td>2013</td><td>2014</td><td>2015</td><td>2016</td><td>2017</td></tr><tr><td>Budget de fonctionnement</td><td>203 163</td><td>211 837</td><td>226 978</td><td>224 444</td><td>295 383</td></tr><tr><td>Budget d'investissement</td><td>17 000</td><td>20 791</td><td>24 500</td><td>21 624</td><td>23 614</td></tr><tr><td>Budget total MINESEC</td><td>220 163</td><td>232 628</td><td>251 478</td><td>246 068</td><td>318 997</td></tr><tr><td>Part de l'education dans le budget global</td><td>12,1</td><td>12,4</td><td>11,7</td><td>10, 7</td><td>12,4</td></tr><tr><td>Part du MINESEC dans le budget de l'Etat (%)</td><td>6,8</td><td>7,1</td><td>6,7</td><td>5,8</td><td>7,3</td></tr></table>
Le tableau 1 présente les dotations budgétaires allouées aux enseignements secondaires et la proportion qu'elles représentent dans le budget total de l'Etat. Dans son exploitation, il distingue le budget de fonctionnement du budget d'investissement. Il met en exergue la part du budget de l'Etat qui revient au secteur éducatif dans son ensemble. Ainsi, pour la période de référence, les enseignements secondaires ont reçu en moyenne $6,74\%$ du budget total par an. En s'intéressant au domaine de l'éducation au sens large, plusieurs départements ministériels rentrent en jeu. Il s'agit des ministères en charge de l'éducation de base, de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la formation professionnelle, de l'éducation civique et de l'éducation physique. Les données du tableau révèlent alors qu'en tenant compte de ces aspects de l'éducation, la proportion annuelle moyenne du budget à considérer est de $11,86\%$. Ces ressources propres associées aux fonds de coopération, permettent au Cameroun de maitriser les facteurs permissifs de la déperdition scolaire, ce d'autant plus que les enveloppes budgétaires d'éducation augmentent. Plus recemment encore, en ce qui renvoie au cas du MINESEC, la dotation est passée de 386,954 à 400,1 milliards de FCFA entre 2021 et 2022 (Lois de Finances 2022 et 2023).
Toutefois, outre les résultats de l'enquête PETS, les tests standardisés confirment l'existence d'une imbrication soutenue entre les allocations publiques et les performances du système éducatif.


 Figure 1: Corrélation entre les résultats de l'éducation et les dépenses d'éducation
Sou: Aut à ar s dones Word anEducaon Statisti Bar Educatin dta
Les résultats de l'éducation sont généralement mesurés en termes de « quantité » (nombre d'années de scolarité) et de « qualité » (résultats d'apprentissage). La figure 1 ci-dessus présente trois diagrammes de dispersion utilisant les données de 2010 pour montrer la corrélation entre (i) les dépenses d'éducation (en part du PIB), (ii) les années moyennes de scolarisation et (iii) les résultats des tests du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Au niveau transversal, les dépenses d'éducation sont corrélées positivement avec les mesures de la quantité et de la qualité. Par la suite, elles sont reliées positivement entre elles. Ainsi, on conclut que les pays qui consacrent davantage de ressources publiques à l'éducation
obtiennent de meilleurs résultats en la matière. Cependant de nombreux facteurs affectent simultanément les dépenses d'éducation et les résultats. En effet, ces diagrammes montrent qu'en dépit de la corrélation positive générale, il existe une dispersion importante par rapport à la ligne de tendance. En d'autres termes, il existe une variation importante des résultats qui n'est pas prise en compte formellement par les différences de dépenses.
De la sorte, les données sur les dépenses correspondent aux dépenses publiques totales pour l'éducation en pourcentage du PIB (World Bank Education Statistics, 2010). Les données sur les scores PISA correspondent aux tests de 2010 dans les catégories mathématiques, lecture et sciences (OCDE PISA, 2010). Les données sur les années de scolarité correspondent aux années moyennes de scolarité en 2010 pour la population âgée de 15 ans et plus (Barro Lee Education dataset, 2010). Il faut alors recourir aux paramètres comme l'efficacité dans la formation car la quantité renseigne sur des masses sans qu'il ne soit possible de déterminer les apports fondamentaux sur l'évolution des agrégats économiques et sociaux.
## i.Minimisation du Taux de Déperdition Scolaire
Pour apprécier l'apport des dépenses publiques à la consolidation du capital humain éducatif à travers la réduction du taux de déperdition scolaire, nous examinons tour à tour, la politique infrastructurelle, celle des ressources humaines et celle des filets sociaux, qu'elles favorisent.
 Figure 2: Montant moyen alloué à l'achat et à la maintenance des équipements et infrastructures (en milliers de Fcfa)
Source: Auteur, à partir des données du PETS 3, 2019
Les infrastructures (bâtiments, salles de classe, laboratoires et équipements) constituent des éléments essentiels à l'apprentissage. Elles facilitent un meilleur enseignement, renforce les acquis et limitent les cas d'abandon et de déperdition scolaire. Sur ce plan, les résultats du PETS 3 mettent en évidence la consistance du montant moyen alloué à l'achat et à la maintenance des équipements et infrastructures dans les établissements enquêtés. Toutefois, des disparités dans la péréquation de ces ressources apparaissent entre régions ainsi qu'entre zones urbaines et zones rurales. Par conséquent, il est indispensable pour les pouvoirs publics de juguler ces disparités afin de maîtriser les effets nocifs du phénomène d'abandon scolaire.
Tableau 2: Formation du personnel enseignant (général et technique; 1o et $2 ^ { \mathsf { n d } }$ cycle)
<table><tr><td>Variable</td><td>Obs</td><td>Moyenne</td><td>Variance</td><td>Min</td><td>Max</td></tr><tr><td>Personnel craie en main total</td><td>376</td><td>27,22</td><td>39,65</td><td>0</td><td>239</td></tr><tr><td>Personnel craie en main PLEG/PLET/PENI/PEPS Homme</td><td>376</td><td>12,95</td><td>22,62</td><td>0</td><td>182</td></tr><tr><td>Personnel craie en main PLEG/PLET/PENI/PEPS femmes</td><td>376</td><td>6.40</td><td>14.36</td><td>0</td><td>60</td></tr><tr><td>Personnel craie en main IET/MPEPS/MEPS/MAEPS Femme</td><td>376</td><td>0,96</td><td>2,54</td><td>0</td><td>27</td></tr><tr><td>Personnel craie en main Contractuel Homme</td><td>376</td><td>1,01</td><td>3,21</td><td>0</td><td>46</td></tr><tr><td>Personnel craie en main contractuel Femme</td><td>376</td><td>0,4</td><td>1,16</td><td>0</td><td>8</td></tr></table>


Afin d'améliorer le contenu des enseignements et de constituer un capital humain de qualité, le gouvernement camerounais investit dans la formation, le recyclage et le déploiement des enseignants qualifiés au profit de l'ensemble des établissements publics d'enseignement secondaire du pays (francophone et anglophone). Le tableau 2 révèle ainsi que sur 389 établissements enquêtés, la moyenne échantillonnée compte 27 enseignants d'Etat environ. Une observation plus poussée du même tableau montre qu'en plus du personnel enseignant produit par les grandes écoles de formation, il existe un autre mode de recrutement des enseignants par voie de contractualisation. Ainsi, on observe que sur une population de 376 enseignants, $1\%$ ont le statut de Contractuel, avec une faible proportion de femmes. Toutefois, l'Etat doit mettre un accent particulier sur les conditions de vie et de travail des enseignants comme acteurs privilégiés de la communauté éducative.
Tableau 3: Effectifs des Cas Sociaux
<table><tr><td></td><td>Moyenne</td><td>Std. Dev.</td><td>Min</td><td>Max</td></tr><tr><td>Effectif total des cas sociaux</td><td>4,49</td><td>9,78</td><td>0</td><td>88</td></tr><tr><td>Effectif total des cas sociaux 1er cycle</td><td>3,16</td><td>6,65</td><td>0</td><td>72</td></tr><tr><td>Effectif total des cas sociaux 2nrd cycle</td><td>1,19</td><td>3,95</td><td>0</td><td>34</td></tr></table>
Le tableau 3 révèle qu'en 2017, le nombre moyen des cas sociaux était de 5 dans l'ensemble des communes. Cependant, certains établissements pouvaient cumuler jusqu'à 88 cas. En moyenne, trois cas étaient enregistrés au premier cycle et un seul au second. L'enquête fournit ainsi de précieuses informations sur la protection des « filets sociaux » comme stratégie innovante de développement au Cameroun. Ces derniers sont utilisés dans les champs
### ) Résultats des Estimations
de la protection sociale, de la lutte contre la pauvreté, des inégalités et des exclusions (Haile et Nino-Zarazua, 2018). Il s'agit des mesures qui reposent sur des programmes ou des transferts monétaires, sans contrepartie, en faveur des enfants vulnérables et des parents démunis. On y classe, la suppression de certains frais exigibles, la gratuité de l'école au primaire, la distribution des manuels scolaires, l'octroi des bourses au supérieur et diverses subventions.
Tableau 4: Analyse de la Corrélation Entre Taux de Déperdition Scolaire et Dépenses Gouvernementales
<table><tr><td>N°</td><td>Variable</td><td>1</td><td>2</td><td>3</td><td>4</td><td>5</td><td>6</td><td>7</td><td>8</td></tr><tr><td>1</td><td>Déperdition</td><td>1</td><td></td><td></td><td></td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td>2</td><td>PLEG/PLET/PENI/PEPS_Index</td><td>-0.54*</td><td>1</td><td></td><td></td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td>3</td><td>PCEG/PCET/PAENI/PAEPS_index</td><td>-0.41*</td><td>0.66*</td><td>1</td><td></td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td>4</td><td>IET/MPEPS/MEPS/MAEPS_index</td><td>-0.23*</td><td>0.52*</td><td>0.46*</td><td>1</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td>5</td><td>Enseignant_Contractuel_index</td><td>-0.13</td><td>0.51*</td><td>0.46*</td><td>0.47*</td><td>1</td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td>6</td><td>Dotation loi de finance</td><td>-0.29*</td><td>0.18*</td><td>0.10</td><td>0.11</td><td>0.06</td><td>1</td><td></td><td></td></tr><tr><td>7</td><td>Dotation AD</td><td>-0.30*</td><td>0.19*</td><td>0.10</td><td>0.12</td><td>0.07</td><td>0.99*</td><td>1</td><td></td></tr><tr><td>8</td><td>Achat/Equipment infrastructure</td><td>-0.43*</td><td>0.44*</td><td>0.25*</td><td>0.18</td><td>0.08</td><td>0.34*</td><td>0.31*</td><td>1</td></tr></table>
Le coefficient de corrélation linéaire donne une mesure de l'intensité et du sens de la relation linéaire entre deux variables. L'on s'intéresse à son interprétation en considérant sa valeur comprise entre -1 et 1. Plus sa valeur est proche de 1, plus la relation linéaire positive entre les variables est forte. Symétriquement, plus sa valeur est proche de -1, plus la relation linéaire s'établit dans le sens négatif. Plus le coefficient est proche de oo0, plus la relation linéaire entre les variables est faible. Dans le cas de cette étude, les coefficients de corrélation varient entre -0.13 et 0.66, ce qui traduit l'existence d'une corrélation négative et significative entre le risque de déperdition scolaire et les variables relatives aux actions gouvernementales. Cela
signifie qu'une intensification de ces mesures contribue à réduire le risque d'abandon et les mauvais résultats scolaires qui conduisent au redoublement.
## V. Conclusion et REcommandations
L'étude menée sur le lien entre les dépenses publiques d'éducation et la formation du capital humain a été féconde en termes d'enseignements. Fondée sur l'hypothèse selon laquelle, les dépenses publiques d'éducation améliorent l'efficacité dans la formation du capital humain à travers la réduction du taux de déperdition scolaire, elle a abouti à des résultats tangibles. Comme premier résultat, l'étude révèle qu'en facilitant l'ouverture de nouveaux établissements puis la construction et la réhabilitation des infrastructures éducatives des établissements existants, les fonds publics jugulent les contraintes (distance, coûts de la vie hors du cadre familial, etc.) qui justifient, bien souvent, le phénomène de décrochage scolaire.
Le deuxième résultat indique, quant à lui, que l'amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, les incline à mieux s'occuper des apprenants. Cette nouvelle citoyenneté s'accommode d'un réveil de conscience professionnelle profitable aussi bien aux apprenants qu'à la nation.
S'agissant du dernier résultat, il montre que les allocations gouvernementales assurent le droit à l'éducation pour tous. Dans ce cumul, l'on arrive à la maîtrise des barrières financières reconnues comme principales causes de déperdition scolaire.
Deux recommandations découlent de ces résultats. Premièrement, nonobstant le foisonnement de l'offre d'éducation des promoteurs privés, il faut davantage encourager le déploiement de l'action publique inclusive dans le domaine. Deuxièmement, il faut identifier les principales dimensions qui inscrivent les dépenses publiques dans des objectifs pragmatiques, au lieu de les limiter à leur opportunité.
[^1]: Bien que Becker et Lucas présentent l'éducation et la formation professionnelle comme le résultat des stratégies individuelles, il n'en demeure pas moins qu'elles relèvent également d’une stratégie de la collectivité. En réalité, l’accumulation du capital humain induit des conséquences externes par effet réseau, dans la mesure où le niveau d’éducation d’un individu joue aussi bien sur sa propre productivité que sur celle des personnes avec lesquelles il interagit. Dans ce schéma, la productivité sociale de la formation est supérieure à sa productivité privée, ce qui permet de justifier les dépenses publiques destinées à financer le développement du capital humain. _(p.2)_
[^2]: John RAwLS est un philosophe américain auteur de la théorie de la justice distributive publiée en 1971 puis rééditée en 1975 et 1999. Dans cette théorie, RAwLS cherche à réconcilier deux principes qui s’opposent souvent, mais qui sont au cœur de l’idéal démocratique: la liberté et l’égalité. Il traite ainsi de la sphère d’action de l’individu et de son autodétermination d’une part; et de l’égalisation d’un certain type de ressources indispensables pour garantir la liberté des individus d’autre part. _(p.3)_
[^3]: L'ensemble de ces informations proviennent de la Banque de données de l'OCDE année 2015/2016, Comité d'aide au développement. _(p.3)_
[^4]: Les initiatives randomisées du développement désignent toutes les formules englobantes dans lesquelles les agents économiques jouent un rôle essentiel. Dès lors, la structure tutélaire (Etat ou collectivité centrale) n'a plus le monopole de la motivation des engagements et des innovations. Tout le monde participe dans un mouvement impulsé du haut comme du bas, dans une formule « bottom to bottom » (bout en bout). _(p.3)_
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Funding
No external funding was declared for this work.
Conflict of Interest
The authors declare no conflict of interest.
Ethical Approval
No ethics committee approval was required for this article type.
Data Availability
Not applicable for this article.
Mowitougou Bertrand Ulrich. 2026. \u201cThe Effects of Public Education Spending on Human Capital Training in Cameroon\u201d. Global Journal of Human-Social Science - G: Linguistics & Education GJHSS-G Volume 24 (GJHSS Volume 24 Issue G7): .
This study focuses on the effects of government expenditure on human capital training in the Cameroon education system. The work is based on the experience of secondary education system and accesses the efficacy based on the school dropout rate. The descriptive and econometric statistics used on this topic come from the Public Expenditure Tracking Survey carried out in 2019 by the INS. The results of the findings enabled us to conclude that government expenditure, as far as education is concerned, is very helpful in human capital training because it reduces the rate of school dropout in Cameroon. In other words, government spending helps to reduce school disparities in rural and urban areas, improves the quality of educational infrastructure and the living standards of teachers.
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